Balance FIAC: Más visitantes, más expositores y más ventas.

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La Fiac 2017 consacrée par des ventes records et une fréquentation en hausse

La Fiac 2017 consacrée par des ventes records et une fréquentation en hausse

Avec 73.910 entrées en cinq jours, soit une hausse de 2,5% par rapport à 2016, la 44e édition de la Foire internationale de l’art contemporain est un succès public. Les acheteurs n’ont pas boudé leur plaisir et les enchères ont également explosé avec la vente d’un Giacometti 22 millions d’euros.

Après cette folle semaine de la Fiac, nombre de clichés brandis par certains observateurs sont tombés au panier! À commencer par celui de dire que «Coincée entre son passé prestigieux et l’hégémonie anglo-saxonne, la France n’occupe désormais qu’un strapontin sur le marché», comme le déclare Jean-Gabriel Fredet, ex-journaliste au Nouvel Observateur aujourd’hui chez Challenges. Son nouveau livre Requins, caniches et autres mystificateurs(Éditions Albin Michel) est une satire à sensation qui se gargarise des pires côtés d’un marché soumis aux excès et scandales pour se terminer, avec le sens de la formule, sur le scénario d’une «bulle des prix, bulle des ego, bulle des gogos» qui vit ses dernières heures…

Certes, dans ce brûlot, les chiffres sont là. «Le marché français ne compte plus globalement que pour 3%…et 1,9% seulement de l’art contemporain… Dans le classement établi par Artprice, leader de l’information du secteur, à partir du chiffre d’affaires dans les ventes publiques, aucun artiste français contemporain ne figure parmi les cent – nés après 1945 – qui dominent le marché mondial…». Au sujet de cette «France zappée», titre du chapitre V, la formule du galeriste parisien Kamel Mennour, «on ne boxe pas dans la même catégorie», résume «la débâcle d’une place qui représentait encore 60% du marché mondial dans les années 1960. De la préhistoire».

Pourtant, ce même Kamel Mennour a défendu vaillamment les couleurs de la France pendant cette 44e édition de la Fiac. Une France qui se bat. Une France qui obtient des résultats si l’on en juge par une semaine comme jamais pour les enchères. Une France qui défend ses artistes et ses collectionneurs qui ne se résument pas aux deux seuls grands acteurs que sont François Pinault et Bernard Arnault, venus, selon la rumeur, dès le premier jour, alors que le Grand Palais avait encore les portes closes…

Dimanche, dernier jour pour les visiteurs, le marchand parisien – aussi basé à Londres – avait changé presque tout son stand. Preuve que les affaires furent excellentes. Sur un chevalet (à la place des sculptures), trônait un grand Camille Henrot, star française de 39 ans – Lion d’argent à la Biennale de Venise 2013- à laquelle Jean de Loisy a donné carte blanche pour exposer dans les 22.000 mètres carrés du Palais de Tokyo, son œuvre protéiforme nourrie de références intellectuelles somme toute difficiles à ingurgiter si on prend le temps de lire les panneaux de cet accrochage du quotidien, intitulé Days and dogs.

Les installations de Jean Tinguely et leurs gros interrupteurs si tentants pour les enfants.

Dans la foule dense et compacte du dernier jour de la Fiac, ce fut le dernier sursaut des acheteurs venus confirmer in extremis leurs acquisitions, au milieu des promeneurs du dimanche ayant fait fuir la plupart des marchands remplacés sur leurs stands par leurs directeurs de galeries ou leurs assistants. Le jeune Joe Nahmad s’était déjà envolé pour New York mais David, son papa, assurait la permanence, avec l’aide d’une ancienne de chez Christie’s, veillant au grain pour que les enfants n’appuient pas sur les gros boutons rouges déclenchant les installations de Jean Tinguely, comme s’ils étaient à la foire du trône!

Larry Gagosian a fait carton plein avec notamment ce Basquiat, ancienne provenance Jean-Louis Prat, autour de 8,5 millions de dollars.

Invisible également, en fin de course, le Bruxellois Xavier Hufkens, l’Autrichien de Paris et Londres Thaddaeus Roppac ou l’Américain de Paris, Londres et New York, Larry Gagosian qui a fait carton plein en vendant dès l’ouverture, Slave, master Complex d’Ed Ruscha de 1997, ses deux monochromes jaune fluo et violet flashy d’Olivier Mosset, imposants à l’entrée du stand, autour de 100.000 dollars, et vraisemblablement son Jean-Michel Basquiat, dont le pedigree Jean-Louis Prat, ancien directeur de la fondation Maeght, lui a valu le prix non divulgué de 8,5 millions de dollars. En goguette aussi Georges-Philippe et Nathalie Vallois qui exposaient en majesté une Nana de Niki de Saint-Phalle, dont l’exposition «Belles, belles, belles» consacrée aux femmes à la galerie de la rue de Seine lui a rendu un brillant hommage (880.000 euros la grande Lili ou Tony).

Un vivier de collectionneurs étrangers

Sur le pied de guerre jusqu’aux derniers feux, d’autres galeristes ont en revanche attendu que la cloche sonne à 19H. C’est le cas de Nathalie Obadia dont les œuvres si poétiques de Laure Prouvost – Française de 39 ans sortie du Saint Martins College of Art and Design, la lauréate du Turner Prize 2013 et future invitée du Palais de Tokyo en 2018 – ont enchanté plus d’un grand collectionneur. À commencer par l’aristocrate italienne Patricia Sandretto Re Rebaudengo qui vient d’annoncer la création d’une nouvelle antenne de sa fondation turinoise, dans un hangar du Matadero à Madrid, pour une ouverture après rénovation courant 2019. Cette amoureuse de la France qui était il y a quinze urs à Londres pour visiter des ateliers d’artistes pendant la Frieze art fair de Londres n’a jamais manqué une Fiac.

C’est ce vivier de collectionneurs étrangers mais aussi français qui a fait une fois de plus le succès de la Fiac cette année. Comparés aux grandes fortunes de l’art, venant de l’Amérique et de l’Asie, ils sont petits mais bien là. «J’adore cette foire et jamais nous n’avons manqué une édition, confirme Mathieu Paris de la galerie White Cube de Londres qui a vendu à une fondation française une pièce de l’artiste noir américain Theaster Gates, bientôt exposé au Kunstmuseum de Bâle. Ici, je vois des Français, très actifs, passionnés d’art, batailleurs et cultivés. Ce sont eux qui font notre chiffre d’affaires à Paris».

Et pourtant, l’offre était plus qu’abondante, pendant cette folle semaine de la Fiac. Christie’s qui avait misé sur l’événement pour faire une série de ventes, dont celle de la collection de Jean-François et Marie Aline Prat présentée à l’Hôtel Salomon de Rothschild, a fait jackpot. Pour tant d’esbroufe, le bénéfice est maigre sur un total adjugé de 36,5 millions d’euros, dans la fourchette haute de l’estimation ne dépassant pas 40 millions d’euros, pour 188 lots sans vraiment de ligne directrice forte. La maison aurait en effet accordé, dit-on, les meilleures conditions au vendeur, à savoir frais de vente à taux zéro et rétrocession d’une partie des frais acheteurs, pour l’emporter sur la concurrence. Mais médiatiquement, les chiffres ont leur importance, pour redonner du lustre à la maison de François Pinault basée à Londres qui a dégraissé les effectifs et redressé la barre avec un résultat au premier semestre 2017 en hausse de près de 30% par rapport au premier semestre 2016.

<i>Grande Femme II</i> de Giacometti, vendue 24,9 millions d'euros chez Christie's.

En quatre ventes, Christie’s totalise 88,5 millions d’euros (87% en lot et 97% en valeur), montant proche de l’estimation haute annoncée. Mais ce beau résultat est dû en grande partie à deux coups de marteau: 22 millions d’euros (24,9 millions avec les frais), pour un bronze d’Alberto Giacometti, Grande Femme II, fonte pourtant posthume réalisée vers 1980 . Elle est bien partie pour être la plus haute enchère de l’année en France. Et 15 millions d’euros (17,7 millions de dollars) pour une peinture sur panneau de bois, Jim Crow, de Jean-Michel Basquiat. À la fin de la vente, Marie-Aline Prat faisait savoir qu’elle avait fait don de 500 000 euros au Centre Pompidou ce qui permit à ce dernier de préempter quatre lots dont Martin Barré et Bertrand Lavier.

La fermeture du Grand-Palais en 2020

De son côté, Sotheby’s, avec trois ventes plus pointues dont le fil conducteur était les plus grands acteurs de l’art Dada et du Surréalisme, n’emporte que 21 millions d’euros. Fleuron de la collection Arthur Brandt, Duchamp s’est envolé à 631.500 euros, grâce à la facétieuse L.H.O.O.Q., 1964, reproduction de la plus célèbre œuvre de Léonard de Vinci, affublée d’une moustache et d’un bouc. Man Ray dont Sotheby’s dispersait une quinzaine d’œuvres acquises par Sergio Tomasinelli auprès de Luciano Anselmino, marchand et ami de l’artiste, a doublé son estimation haute à 751.500 euros, pour l’émouvante Tearful Woman.

L’unité de lieu – les salles de ventes et la Fiac dans un périmètre rapproché – a fait indéniablement le succès financier de cette semaine du marché de l’art. C’est aussi parce qu’elle est campée au centre de Paris, sous sa verrière, que les collectionneurs aiment venir et revenir dans cette foire internationale qui garde un esprit bien français, en s’appuyant sur la richesse de notre patrimoine et la grandeur de nos musées et fondations. Que deviendra-t-elle quand le Grand-Palais devra fermer ses portes de novembre 2020 à janvier 2023 pour une rénovation de 436 millions d’euros? Nul ne sait si elle attirera autant de visiteurs que cette année, 73.910 entrées en cinq jours, sois une hausse de 2,5% par rapport à 2016, si elle se tient sous une tente ou une structure éphémère, choix le plus plausible. On parle beaucoup de la place de la Concorde mais l’annonce qui devait être faite pendant la Fiac a été repoussée à la fin de l’année, voire au début de celle prochaine, tant les enjeux financiers sont lourds.

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